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Diva

Publié : 16 sept. 2026 22:01
par Moon2
Nous n’avons jamais fait de mal
Assis dans la rue, enfant de la balle
Ils le prennent pour un jeu du cirque
C’est notre amour qu’on lance comme couteau

Liberté dans les yeux parce que la volonté est meurtrière.
Ils voudraient brûler nos prodiges pour la raison
Sur l’autel de l’occident conquérant et bavard
Nous n’avons que quelques cartes à jouer les meilleures

Il va de soi, terme très français et populaire
Je ne vous demande pas l’heure de l’Europe
Terminus des dormeurs des cités dortoirs sur mer
Comme des oiseaux dans des carapaces de chevalier

Les îles. Parfois, je me demande s’il faut une carte.
Où si les plages suffisent-elles pour se retrouver?
Comme aux premiers jours du monde sur la lune
Dans les étoiles et partout en communion avec mes amis

Un jour, je serai immortel, je n’y réfléchis plus
Pour le moment, je me love dans mes draps de peau
Fantôme très proche de toi, dans les rêves anciens
Dans les chemins interdits, à la lumière du ligther

Je dévale de fameux canyons rapides comme une bille
Dans les murs dingues d’un flipper tourmenté
Par des junkies idiots qui cherchent le million
Rien n’a changé, juste la scène est plus brillante.

J’admire ces femmes presque nues qui chantent et dansent
Je suis jaloux de leurs éclats de cette énergie
Imagine un instant ce qu’il faut soulever en soi
Pour se mettre à terre devant la lumière des fauves

Dans le spectacle tragique, ne pariez que sur l’amour
Dovstoieski et des agneaux sont sur la roulette
Cherche une passe d’armes fameuse
Pour déjouer le sort des perdants magnifiques

Je suis un visionnaire dans un tunnel sombre
Alors je me fais chier dans mon coin d’ombre
Et je chante et danse sur la kitchenette
Comme une de ces starlettes amoureuses du public

Je suis au chiffon, elle est à la vaisselle.
Nous réparons le monde dans nos discours charmants
J’ai toujours vu nos entrevues comme un baume
Pour ceux qui sont pleins d’espoir et de lésions

J’écoute mourir la tristesse, c’est mon combat
La tristesse est le combat de l’homme qui pense
C’est pour cela qu’ils nous injectent du bonheur
Votre obéissance sera votre fardeau devant le Seigneur

Le prédicateur est mort dans un bar de Tahiti
Hemmingway a tiré son feutre. Il a dit non, mon vieux.
Les premiers mots fulgurants sont le cri de l’enfant
C’est sacrilège ! sifflent les nurses affairées. Nous reviendrons.

Je me sens mal dans ma posture de crevard du crayon
Accroupi dans la verticalité devant l’écran d’ordinateur
Les genoux reposent sur le ciel et la tête fait l’aube
Je m’endors les pieds noirs de nuit et de vadrouille

L’amour est la faim, l’eau fraîche, c’est le temps qui passe
Et la vaisselle est faite, et ton cœur est fête
Et le théâtre de notre dévolu est bientôt fermé
J’ai tout aimé dans les fredonnements de ton soupir tendre.