Strike ou chance, je sais pas combien d’heures j’planche sur l’ordi-là.
Un homme en or dans une civière, c’est que normal pour les gars, tous là
pour prendre le trésor qu’on nous enlève pour nous mettre les liens.
Soir de ventres affamés, les fleurs meurent, l’automne fane et l’État tue.
Cette vérité-là aussi sur le banc des accusés, comme Rima, pour dire quoi ?
D’autres qu’avoir une tribune de plus… pour dire quoi, monsieur le Président ?
C’est la guerre sur terre d’asile et des grands hommes de la Foi.
Jamais un crime contre l’humanité, juste une insulte aux dieux et aux écrits.
Si je mens, jure ! Jérusalem foudroie-moi : sûr que c’est la faute à mes cris.
Je crois en Dieu et j’ai peur des flammes de l’enfer, mais je me tairai pas
pour des hommes de la cabale qui boivent du sang et des mythes pourris,
pour engendrer les mots d’une espèce de raciste qui ne mérite pas le nom d’homme.
Dans cette ordure de monde qu’ils laissent à leurs gosses, aussi fasciste qu’une lame
dans le ventre d’un martyr des ss, je suis le diable ok très bien, alors attrape-moi.
Que je jure devant le Livre de tous mes méfaits, et que je les écrive en braille,
que l’aveugle voie et que le sourd sache que je ne fais que ça pour l’Homme
qui se dresse comme un zgeg devant la chatte de l’origine du monde.
Jamais je me courbe, ouais. Plus tu approches, plus ça deviendra pire.
Comme si j’ouvre l’imperméable : tu vois le calibre, ta mère pleure au sacrilège.
"C’est aussi le mâle" hurle, la benjamine du dictateur truquant les urnes
pour une paix royale, plus qu’une avancée mondiale au péril du prix du baril.
Le mensonge est partout, et je sais que je connais tous les manèges de la mort.
Dans le piège, cette Mort, à la table du démon, attend l’enfant de Pan pour le repas
de nos âmes. Pauvres amis, y’a plus de repos : "je rêve les yeux couverts de sang
de voir leur dieu coulé dans le ciment et le Christ dans une cuve d’immondices."
Comme si Marilyn Manson faisait le chemin de croix en moonwalk,
quand Moon entre dans le talk-show, De Niro remonte ses chaussettes : c’est la tête
sur les billets de Trump que je vise, aussi con qu’un océan pollué sans poissons.
Je me demande comment faire pour rater un éléphant dans un couloir "sale orange".
Dans les cordes de mon ring, je ne lâche pas le pachyderme : qu’ils entendent pleurer les anges.
Mais en vain, sourdingue comme une violence d’ogre, je regarde le monde s’effondrer.
Les gens qui devaient changer le monde ont préféré faire vivre l’enfer aux fils
que de prendre la mesure de leur insignifiance face au choix de l’Histoire.
Si c’est possible, c’est Dieu — ou c’est une coïncidence. Je dis au hasard.
T’as pas le choix que de choisir entre la pilule ou le bidule, et godmichet, say true.
Vrai voyou, Avrel cauchemar : j’attaque Potter en justice pour vol de sang
dans les poches des États européens, pour participer à la fabrication d’un génocide.
Laissez Rima, prenez-moi : j’ai rien à perdre dans un combat que je gagne
à l’encre de mes doigts, au sang de ma mère, à la douleur dans le coffre
de mon Eldorado, année 61.
Je suis une Cadillac, ils sont tous cardiaques. Poutine, Neytha, des vieux hommes
qui finissent leur vie dans les drames d’un millénaire achevé dans une crise
sans fin. Des gens qui vont mourir, qui hurlent sans avoir jamais connu la faim,
et qui osent sans avoir jamais rien fait que des palabres de fachos racistes de merde.
Toute cette mascarade me donne la gerbe, et je pisse sur les chrysanthèmes
de leur mère patrie.
jusqu'au bout d'la haine (dit )
jusqu'au bout d'la haine (dit )
❝ tu dois avoir envie de passer le reste de ta vie avec toi-même avant-tout ❞
Rupi Kaur
Rupi Kaur