Sous l’étoile noire
Je regarde ça, la rue déserte, je pose ma pile
Leurs esprits vrillent comme des fantômes des villes
Mes larmes brillent parfois et je me trouve bête
D’avoir perdu la tête dans les prods. Soyons honnêtes
Pas le temps pour les regrets, disent les chansons tristes
Celles du béton, du béton armé de génies et d’autistes
Sur boîte à rythme, posé dans l’antre de quelques poètes
Hooligans, gagner/perdre au jeu de la mort, à 10 ans et quelques brouettes
Des prouesses, des prouesses ! Vie de prodige muet
De mulet sous couvert de clandestinité, c’est la ruée
Vers l’or qui fait trembler les chaumières, Charlot
Et on charbonne pour pécher gros, et danse, danse Frida Kahlo
Frida ! Brel, ces gens-là ne savent rien de mes soirs d’exil
Je regarde ça, la rue traîne sa misère et les imbéciles
Entre couilles, se fourrent dans les fouilles la monnaie, la monnaie
Vieux rappeur tdsi puissance et rapport sexuel violent tu connais
Je lui ai cassé le cou, elle m’a rappelé pour un autre rendez-vous
Elle a baisé la production entière pour devenir une girl chez les voyous
Qu’est-ce que je veux atteindre sinon le Nirvana et la villa
Sur les bords de mer Rouge, avec un loup, dans une soirée avec tout le gotha
Go fast life ! Original gangsta sur feuille slim imbibée de goudron
Sous la plume d’un chercheur, phase dans la petite cité du roi Gradlon
J’ai soulevé Ys des profondeurs de l’eau et j’ai trouvé Morgane la fée
Traumas, rimmel desséché dans l’arrière-cour d’un bar, un été volé
Une femme violée pleure à perdre haleine, court pour oublier et perdre
Danse macabre, trois rues plus loin, entre Albanais et Serbes
Nous, dans une impasse, sur le parking, on fume des gros joints
On est deux clochards sous l’étoile noire, jusqu’au petit matin
Dormant sous l’escalier, le dealer de l’immeuble passe
Après une passe, sa pétasse dégueulasse pleine de liasses
Putain on rachète pas 30 ans de merde avec une chasse d’eau
Et ces fils de pute parlent de Cherka et nous jettent dans des cachots
T’sais, mon poto est mort pendu à une chaîne de fer
Pendant que j’étais en zon avec des larmes de feu mon frère
Et quand je sors je suis dans les murs d’un asile, je te raconte
Ce que je soulève chaque réveil, c’est plus lourd que la fonte
Qu’ils se regardent en face, personne ne m’a tendu la main dans ce monde
À part pour me montrer du doigt ; alors, avec les gars de la rode en ronde
On planche sur notre revanche, et c’est toujours autour de la Banque de France
Faut vous voir chercher dans un nid de guêpes, sous faisceau laser, la résistance
On est des gosses perdus dans la rue qui cherchent à rester en place
Notre maison, c’est le monde, sale comme les étables d’Augias
Et il n’y a que nous qu’on ramasse pendant qu’ils amassent leur merde
Qu’ils couvrent d’or, pour cacher les hématomes sur le corps d’une mère.
Alors fermez vos gueules, j’ai porté dix fois ma peine et je suis libre
Et si tu veux me reprendre mon droit de vivre, je te sortirai un calibre
Et je tirerai sur la gâchette, et je tuerai, je tuerai comme dans le conte de la haine
Quotidienne des quotidiens racistes ou bobos, parce que je ne suis qu’un schizophrène.
sous l'étoile noire
sous l'étoile noire
❝ tu dois avoir envie de passer le reste de ta vie avec toi-même avant-tout ❞
Rupi Kaur
Rupi Kaur